Les femmes aux petits soins

Dans la ville, les femmes s'inscrivent professionnellement dans les commerces de manière indépendante. Elles s'insèrent également dans la sphère publique en s'investissant dans le domaine de la santé. 

© Archives municipales de Mauguio 

La charité, valeur chrétienne, conduit les femmes hors de chez elles pour visiter les pauvres et les malades bien avant l'époque contemporaine. Au XIXème siècle, devant des problèmes sociaux grandissants (épidémies, guerres...), cette valeur se transforme en nécessité, le soin aux personnes devient non plus seulement un acte de charité mais une profession intrinsèquement liée au rôle de femme. Apparaissent alors les métiers du soin tels qu'on les connaît aujourd'hui. En effet, à la fin du XIXème siècle, le rôle de garde-malade et d'accoucheuse, jusqu'à présent majoritairement exercé par des congrégations religieuses, se transforme en profession d'infirmière et de sage-femme grâce à l'existence de formations dédiées à l'exercice des soins. 

 

Les photos d'archives de Mauguio font état de femmes infirmières aux côtés d'hommes, sûrement médecins. Ceci est très représentatif du rôle des infirmières dès la fin du XIXème siècle. Alors que les médecins se chargent de la blessure, les infirmières les secondent en s'occupant du blessé et de ses soins. Le rôle d'infirmière est aussi couplé de tâches relatives aux travaux domestiques telles que l'approvisionnement en nourriture. Souvent, les infirmières portent l'uniforme ainsi qu'un bonnet marquant l'appartenance à la famille de l'assistance publique. Longtemps envisagé comme une vocation et non comme un travail, le rôle d'infirmière, alliant charité et secours public, est considéré comme permettant à la nature douce et dévouée de la femme de s'exprimer. Si les sources sur Mauguio ne nous renseignent que peu sur le rôle d'infirmière dans la ville, les archives font état de la présence d'un autre type de soignantes : les sages-femmes. Le rôle de sage-femme, tout comme celui d'infirmière, a longtemps été jugé comme une affaire de femme. Dès le début du XIXème siècle, l'exercice de la médecine par les sages-femmes est réglementé et des formations sont nécessaires pour exercer. Caroline Cros-Fournier, personnage emblématique de Mauguio obtient son diplôme de sage femme à l'Université de médecine de Montpellier en 1906. Avec Madame Roche, madame Cros-Fournier met au monde beaucoup de Melgoriens jusqu'à ses 74 ans. Réelle personnalité publique, elle est une experte dans son domaine et est, d'après les dires, capable de connaître le jour de délivrance et le sexe du bébé par simple examen du ventre de la mère. 

Mme Cros-Fournier, © Alice Rey

Les femmes à Mauguio sont aussi présentes dans le domaine de l'instruction et dans le secteur tertiaire en tant qu'employées PTT (poste, télégraphe et téléphone). Elles sont également cuisinières, pharmaciennes, domestiques, ambulancières ou encore esthéticiennes. En somme, une diversité de profils et de rôles, malheureusement peu renseignés dont le souvenir n'est gardé que par quelques images d'archives et témoignages personnels.